← Retour au blog
🇮🇹Italien

Jurons italiens, 15 expressions courantes classées par gravité

Par Sandor20 janvier 20268 min de lecture

Réponse rapide

Les jurons italiens vont d’expressions légères comme « Cavolo » (chou, utilisé comme « mince ») et « Accidenti » (zut) à de fortes blasphèmes appelés « bestemmie » comme « Porco Dio » (Dieu cochon). Contrairement à la plupart des langues européennes, l’italien a une catégorie entière dédiée au blasphème religieux, particulièrement offensant dans la culture italienne. Ce guide présente 15 termes essentiels classés par gravité pour comprendre les vraies conversations, les films et les séries.

Pourquoi vous devez connaître les gros mots italiens

Vous ne pouvez pas comprendre l’italien réel sans comprendre sa vulgarité. L’italien est parlé par plus de 85 millions de personnes dans le monde. Les jurons font partie du quotidien, du cinéma italien, de la musique et de la culture de rue. Ce guide ne vise pas à vous encourager à jurer. Il vise à vous aider à reconnaître et comprendre ce que vous entendrez forcément.

La vulgarité italienne se distingue des autres langues européennes à cause d’une catégorie unique: bestemmie (blasphème). Alors qu’en français, les jurons viennent souvent du registre religieux, et qu’en espagnol la vulgarité se partage entre religion et insultes familiales, l’italien a élevé le blasphème religieux au rang d’art, et d’infraction. À côté des bestemmie, la vulgarité italienne passe aussi par des références sexuelles, des termes scatologiques et des insultes personnelles qui varient fortement selon les régions.

"Italian profanity is not merely a collection of vulgar words. It is a sociolinguistic map of Italian identity. The bestemmia in Veneto, the 'minchia' in Sicily, the 'daje' in Rome: each region's profanity reflects centuries of distinct cultural evolution."

(Vito Tartamella, Parolacce: Perché le diciamo, che cosa significano, quali effetti hanno, 2016)

Une enquête de 2018 de l’Accademia della Crusca a montré que 78% des adultes italiens reconnaissaient jurer tous les jours, avec une fréquence maximale chez les 18-34 ans. Mais le contexte décide de tout. Le même mot murmuré entre amis au bar choque vraiment à un dîner de famille, surtout devant les aînés ou dans le Sud de l’Italie, où les codes de respect restent stricts.

Si vous apprenez encore les bases, ce guide vous ouvre une fenêtre sur le registre émotionnel que les manuels ignorent. Consultez notre page d’apprentissage de l’italien pour plus de ressources.

⚠️ Une note sur un usage responsable

Ce guide a un but éducatif et de compréhension. Employer ces mots à la légère, en tant que non-natif, peut offenser ou créer des situations dangereuses. Les bestemmie, en particulier, peuvent avoir des conséquences juridiques en Italie. Règle d’or: si vous ne jureriez pas dans ce contexte en français, ne jurez pas non plus en italien.


Comprendre l’échelle de gravité

Severity Scale

Mild

Everyday expressions. May raise eyebrows in formal settings but generally acceptable among friends.

Moderate

Clearly vulgar. Common in casual speech but inappropriate in professional or formal contexts.

Strong

Highly offensive. Can provoke strong reactions. Use with extreme caution or avoid entirely.

Le contexte change tout dans la vulgarité italienne. Marmonner "Cavolo!" quand vous renversez du café reste léger. Crier "Cazzo!" à un match de football est modéré. Lancer "Porco Dio!" sur une place publique peut vous valoir une amende. La géographie compte aussi beaucoup: le Nord de l’Italie, le Sud de l’Italie, la Sicile et la Sardaigne ont chacun leurs traditions.


Expressions légères

Ce sont des termes d’entrée de gamme. Vous les entendrez tout le temps dans les conversations informelles et les films en italien. La plupart des Italiens ne les considèrent presque pas comme de vrais gros mots.

1. Cavolo

Léger

/kah-VOH-loh/

Chou: utilisé comme euphémisme pour 'cazzo' (bite/putain). Équivalent du français 'zut' ou 'mince.'

Le substitut passe-partout et familial de 'cazzo.' Vous pouvez l’utiliser devant les grands-parents, les enfants et les collègues. Sert d’exclamation générale: 'Che cavolo!' (C’est quoi ce bazar!), 'Cavolo, che freddo!' (Zut, il fait froid!).

Che cavolo stai dicendo?

Qu’est-ce que tu racontes?

📍

Universel dans toutes les régions d’Italie. Tout le monde le comprend comme une alternative propre à un langage plus fort.

2. Accidenti

Léger

/ah-chee-DEHN-tee/

Mince / Zut: une exclamation légère de surprise ou de frustration.

Une des exclamations les plus légères en italien. Vient littéralement de l’idée d’« accidents » ou de « malheurs ». Convient dans presque tous les contextes. Souvent suivi d’une cible: 'Accidenti a te!' (Mince alors, toi!).

Accidenti, ho dimenticato il portafoglio!

Mince, j’ai oublié mon portefeuille!

📍

Universel dans toute l’Italie. Fréquent dans le langage des enfants et les médias tout public.

3. Mannaggia

Léger

/mah-NAHJ-jah/

Mince alors / Bon sang: une exclamation du Sud de l’Italie, issue de 'maledizione' (malédiction).

Un juron léger et polyvalent, utilisé seul ou en combinaison. 'Mannaggia a te' (bon sang, toi), 'mannaggia la miseria' (bon sang, la misère). Seul, il reste léger. Combiné avec des figures religieuses ('mannaggia la Madonna'), il passe au modéré ou au fort selon le contexte.

Mannaggia, ho perso il treno!

Mince alors, j’ai raté le train!

📍

Originaire du Sud de l’Italie (Naples, Campanie), mais désormais utilisé dans tout le pays. Plus fréquent au sud de Rome.

4. Porca miseria

Léger

/POHR-kah mee-ZEH-ree-ah/

Bon sang / Bordel: littéralement « misère de truie ».

Une exclamation fréquente de frustration. Elle évite le blasphème en remplaçant une cible religieuse par 'miseria' (misère/pauvreté). Fait partie de la construction 'porca + nom', qui va du très léger ('porca miseria') au très blasphématoire ('Porco Dio'). Acceptable dans la plupart des contextes.

Porca miseria, si è rotta la macchina!

Bon sang, la voiture est tombée en panne!

📍

Universel dans toute l’Italie. Offre une alternative sûre dans la construction 'porca', sans le blasphème grave de 'Porco Dio.'

5. Che palle

Léger

/keh PAHL-leh/

Quelle galère / C’est chiant: littéralement « quelles couilles ».

Une des expressions italiennes les plus courantes pour l’ennui, l’agacement ou la lassitude. Même si le sens littéral renvoie aux testicules, l’usage est si répandu que beaucoup n’y pensent plus. Utilisé par tous les âges, en contexte informel.

Che palle, devo lavorare anche sabato.

Quelle galère, je dois travailler aussi samedi.

📍

Universel dans toute l’Italie. La variante masculine 'che palla' (singulier) est aussi très courante et encore plus légère.


Expressions modérées

La vulgarité modérée, c’est là que l’italien devient vraiment cru. Ces mots sont courants entre amis, mais inadaptés au travail ou en contexte formel. Selon Tartamella (2016), la vulgarité modérée en italien sert de monnaie émotionnelle. L’utiliser entre amis signale l’intimité et la confiance. Vous l’entendrez souvent en regardant des films italiens ou dans des contextes informels.

6. Cazzo

Modéré

/KAHT-tsoh/

Bite / Putain: le juron italien le plus polyvalent et le plus courant.

Le roi incontesté de la vulgarité italienne. Sert d’exclamation ('Cazzo!'), d’intensifieur ('che cazzo vuoi?', c’est quoi ton putain de problème?), et produit de nombreux dérivés: 'cazzata' (connerie/absurdité), 'incazzato' (vénère), 'cazzone' (connard). Une étude de 2016 de Tartamella le classe comme le juron italien le plus fréquent.

Cazzo, che bella macchina!

Putain, quelle belle voiture!

📍

Universel dans toutes les régions d’Italie. Aussi courant au Nord qu’au Sud. L’Accademia della Crusca en retrace l’usage écrit jusqu’au XIVe siècle.

7. Merda

Modéré

/MEHR-dah/

Merde: utilisé comme exclamation et pour qualifier quelque chose de nul.

L’équivalent italien du français « merde ». Sert d’exclamation de frustration, de qualificatif ('è una merda', c’est de la merde), ou pour rejeter quelque chose de sans valeur. Un peu plus vulgaire que sa fréquence ne le laisse croire. Les Italiens plus âgés le jugent franchement grossier.

Merda, ho sbagliato strada!

Merde, je me suis trompé de route!

📍

Universel dans toute l’Italie. Vient du latin 'merda', inchangé après deux mille ans d’évolution linguistique.

8. Stronzo / Stronza

Modéré

/STROHN-tsoh / STROHN-tsah/

Connard / Salope: littéralement « étron ». Une des insultes personnelles les plus courantes.

Surtout une insulte, plus qu’une exclamation. Traiter quelqu’un de 'stronzo' (m.) ou 'stronza' (f.) exprime un mépris clair. Peut aussi s’employer de façon admirative dans certains contextes: 'quel furbo stronzo' (ce salaud malin). Le diminutif 'stronzetto' l’adoucit un peu.

Quello stronzo mi ha tagliato la strada!

Ce connard m’a coupé la route!

📍

Universel dans toute l’Italie. Très connu à l’international, en partie grâce au cinéma italien.

9. Minchia

Modéré

/MEEN-kyah/

Bite / Putain: une exclamation sicilienne devenue courante dans toute l’Italie.

À l’origine, un terme dialectal sicilien pour « pénis ». 'minchia' s’est diffusé dans toute l’Italie comme exclamation de surprise ou d’insistance. En Sicile, il ponctue presque chaque phrase en langage familier. Sert d’exclamation ('Minchia!'), d’intensifieur ('minchia che bello!'), ou de mot de remplissage. Sa popularité hors Sicile montre comment des termes régionaux entrent dans l’italien courant.

Minchia, hai visto che goal?

Putain, t’as vu ce but?

📍

Originaire de Sicile, maintenant très répandu en Italie, surtout chez les jeunes. En Sicile, il est plus léger par simple fréquence. Dans le Nord, il garde un impact plus vulgaire.

10. Coglione

Modéré

/koh-LYOH-neh/

Idiot / Crétin: littéralement « testicule ». Une insulte courante qui suggère la bêtise.

Une des insultes italiennes standard pour quelqu’un de stupide ou méprisable. 'Sei un coglione' (t’es un idiot) est direct. Le pluriel 'coglioni' apparaît dans 'rompere i coglioni' (casser les couilles, faire chier) et 'avere i coglioni' (avoir des couilles, être courageux).

Non fare il coglione, concentrati!

Fais pas l’idiot, concentre-toi!

📍

Universel dans toute l’Italie. L’expression 'rompere i coglioni' (casser les couilles) fait partie des phrases vulgaires les plus fréquentes.

11. Vaffanculo

Modéré

/vahf-fahn-KOO-loh/

Va te faire foutre: littéralement « va le faire dans le cul ».

La formule de rejet la plus célèbre d’Italie. Contraction de 'vai a fare in culo.' Connue à l’international grâce au cinéma italien et au mouvement politique de 2007 'Vaffanculo Day' organisé par l’humoriste Beppe Grillo. Peut rester modérée entre pairs, ou devenir forte si vous la lancez agressivement à quelqu’un.

Ma vaffanculo, non mi interessa!

Va te faire foutre, je m’en fiche!

📍

Universel dans toute l’Italie. Probablement le juron italien le plus connu à l’étranger. Souvent raccourci en 'vaffa' à l’oral.


Expressions fortes

Ces expressions ont le poids le plus lourd dans la culture italienne. Les bestemmie (blasphèmes) de cette section forment une catégorie rare en Europe: ce n’est pas seulement vulgaire, c’est tabou culturellement et punissable légalement.

⚠️ Prudence sérieuse requise

Les expressions ci-dessous incluent des bestemmie (blasphèmes religieux), la catégorie la plus offensante en italien. Elles peuvent entraîner des amendes, provoquer une indignation réelle, même chez des gens qui jurent souvent, et ne sont jamais acceptables en public. Elles sont incluses uniquement à des fins éducatives.

12. Porca puttana

Fort

/POHR-kah poot-TAH-nah/

Putain de merde: littéralement « truie pute ». Une exclamation forte de colère ou de choc.

Une exclamation forte qui évite le blasphème direct, tout en restant très vulgaire. Fait partie de la construction 'porca + nom'. Ici, 'porca' (truie) modifie 'puttana' (pute), et non Dieu ou les saints. Cela la rend moins taboue que les bestemmie, mais clairement dans le registre fort.

Porca puttana, mi sono bruciato!

Putain de merde, je me suis brûlé!

📍

Universel dans toute l’Italie. Fort, mais moins tabou que les vraies bestemmie, car cela ne vise pas des figures religieuses.

13. Figlio di puttana

Fort

/FEE-lyoh dee poot-TAH-nah/

Fils de pute: une insulte personnelle directe.

L’équivalent italien de « fils de pute ». Comme exclamation sur une situation, c’est fort mais pas extrême. Dirigé contre une personne précise, c’est une insulte grave qui attaque l’honneur familial. Dans le Sud de l’Italie, où l’honneur de la famille pèse davantage, c’est particulièrement offensant.

Quel figlio di puttana mi ha fregato!

Ce fils de pute m’a arnaqué!

📍

Universel dans toute l’Italie. Dans le Sud et en Sicile, où la culture de l''onore' (honneur) persiste, l’adresser à quelqu’un est bien plus provocateur que dans le Nord.

14. Porco Dio

Fort

/POHR-koh DEE-oh/

Dieu cochon: la bestemmia (blasphème) italienne la plus notoire.

La bestemmia italienne par excellence. Elle assimile directement Dieu à un cochon. Ce n’est pas seulement un gros mot, c’est un tabou culturel. Les bestemmie étaient un délit pénal en Italie jusqu’en 1999. Selon l’article 724 du Code pénal italien, elles restent une infraction administrative, punie d’amendes de 51 à 309 euros. En 2023, plusieurs joueurs de Serie A ont été sanctionnés pour des bestemmie captées par les caméras.

(No casual usage example: this phrase is a severe blasphemy that can result in legal fines and social ostracism.)

C’est la catégorie la plus forte de la vulgarité italienne, et les apprenants ne devraient jamais l’utiliser.

📍

Plus fréquent en Vénétie, en Toscane et en Émilie-Romagne. Beaucoup plus rare dans le Sud, où la dévotion catholique rend les bestemmie socialement inacceptables, même chez ceux qui jurent souvent.

15. Madonna

Fort

/mah-DOHN-nah/

Une exclamation qui invoque la Vierge Marie: va de la surprise légère au blasphème grave selon la suite.

'Madonna!' seul peut être une exclamation modérée de surprise, proche de « Oh mon Dieu! ». Mais cela devient une vraie bestemmia quand on ajoute une insulte: 'Madonna puttana' (Madonna la pute), 'Madonna boia' (Madonna le bourreau). L’usage seul reste une zone grise. Certains Italiens le jugent léger. Des catholiques pratiquants trouvent toute invocation de la Vierge, par frustration, irrespectueuse.

Madonna, che spavento!

Madonna, quelle peur!

📍

Universel dans toute l’Italie. L’exclamation seule est tolérée dans la plupart des régions. Ajouter un modificateur ('puttana,' 'boia,' 'ladra') la fait passer immédiatement au statut de bestemmia.


Comparaison régionale

La vulgarité italienne varie fortement selon les régions. L’histoire de fragmentation régionale de l’Italie a produit des traditions de jurons distinctes, encore vivantes aujourd’hui:

ConceptNord de l’ItalieItalie centrale (Rome/Toscane)Sud de l’Italie (Naples)Sicile
"Putain!" (exclamation)Cazzo! / Porco Dio!Cazzo! / Li mortacci tua!Cazzo! / Mannaggia!Minchia!
"Merde!"Merda!Merda!Merda!Minchia!
"Idiot/Connard"CoglioneStronzoStrunz' / CretinoBabbasunazzu
"Va en enfer"VaffanculoVaffanculo / Daje!Vaffanculo / Vattenn'!Vaffanculo
Blasphème religieuxTrès courant (Vénétie)Courant (Toscane)Rare / tabouRare / tabou
"Mince" (léger)Cavolo! / Accidenti!Cavolo! / Daje!Mannaggia!Minchia! (léger par surutilisation)

🌍 La ceinture des bestemmie

Le Nord de l’Italie, surtout la Vénétie, la Toscane et l’Émilie-Romagne, est connu comme la « ceinture des bestemmie ». C’est une zone où le blasphème religieux est paradoxalement le plus courant, malgré des siècles de tradition catholique. Des linguistes l’expliquent par des tensions historiques entre les États pontificaux et les cités-États du Nord. À l’inverse, le Sud de l’Italie et la Sicile, où la dévotion catholique est plus présente au quotidien, trouvent les bestemmie vraiment choquantes. Un Vénitien qui lâche "Porco Dio" au bar provoquerait une indignation réelle s’il faisait pareil dans un quartier napolitain.


Euphémismes italiens

Les Italiens ont développé un système riche d’euphémismes. Ils gardent le rythme et la force émotionnelle, mais remplacent le mot par quelque chose d’innocent:

Original (Vulgaire)EuphémismeSens
Cazzo (bite/putain)CavoloChou
Cazzo (bite/putain)Cacchio(adoucissement phonétique)
Porco Dio (Dieu cochon)Porco diavoloDiable cochon
Porco Dio (Dieu cochon)Porco giudaJudas cochon
Madonna (Vierge Marie)Madosca(déformation phonétique)
Merda (merde)Merdaccia(augmentatif, étrangement plus doux)
Porca puttana (truie pute)Porca miseriaMisère de truie
Vaffanculo (va te faire foutre)Vaffa(abrégé)

💡 Les euphémismes comme stratégie d’apprentissage

Si vous voulez exprimer votre frustration en italien sans risque, maîtrisez les euphémismes. "Cavolo!" marche partout où vous diriez "Cazzo!", sans la vulgarité. "Porca miseria!" remplace "Porco Dio!" sans conséquences sociales ou juridiques. "Mannaggia!" exprime une frustration comprise par tous, sans être vraiment offensante. Ces expressions montrent une aisance émotionnelle, tout en vous protégeant.


Bestemmie: la catégorie de vulgarité unique à l’Italie

Aucun guide des gros mots italiens n’est complet sans parler des bestemmie, la catégorie de blasphème religieux qui rend la vulgarité italienne unique en Europe.

Les bestemmie suivent une formule: animal ou insulte + Dieu/Madonna/Saint. On trouve souvent "Porco Dio" (Dieu cochon), "Dio cane" (Dieu chien), "Dio boia" (Dieu bourreau) et "Madonna puttana" (Madonna la pute). Ce ne sont pas seulement des jurons forts. Ils relèvent d’une catégorie culturelle et juridique à part.

La dimension juridique: jusqu’en 1999, les bestemmie étaient un délit pénal en Italie. Aujourd’hui, l’article 724 du Code pénal italien classe encore le blasphème public comme une infraction administrative, avec des amendes de 51 à 309 euros. Cette règle est appliquée. L’instance dirigeante du football italien sanctionne régulièrement des joueurs dont les bestemmie sont captées par les micros au bord du terrain.

La dimension culturelle: même des Italiens qui jurent beaucoup tracent souvent une limite nette avec les bestemmie. Un ouvrier peut dire "cazzo" et "stronzo" cinquante fois par jour, sans jamais prononcer une bestemmia. À l’inverse, dans certaines zones de Vénétie et de Toscane, les bestemmie sont si normalisées qu’elles servent de mots de remplissage. Ce paradoxe sociolinguistique fascine les linguistes italiens depuis des décennies.

"The bestemmia represents the intersection of language, religion, and regional identity in Italy. Its persistence in the most historically Catholic regions of the North tells us more about Italian culture than any textbook could."

(Martin Maiden & Cecilia Robustelli, A Reference Grammar of Modern Italian, 2013)


Apprendre grâce aux films et aux séries

Un des meilleurs moyens de comprendre la vulgarité italienne en contexte, c’est les médias. Observez non seulement les mots utilisés, mais aussi les réactions autour. Le rire, la colère ou l’indifférence vous montrent le vrai poids social d’un mot.

Pour l’italien romain: Romanzo Criminale et Suburra regorgent de vulgarité dialectale romaine, dont "li mortacci tua", avec beaucoup de "stronzo" et "cazzo." Pour une couleur napolitaine: Gomorra expose aux jurons du Sud, avec des termes propres au dialecte. Pour le sicilien: Il Commissario Montalbano montre "minchia" dans son habitat naturel. Pour la vulgarité italienne standard: Perfetti Sconosciuti (Perfect Strangers) propose des dialogues réalistes, pleins de jurons du quotidien, entre Romains éduqués.

Consultez notre guide complet des meilleurs films pour apprendre l’italien pour plus de recommandations. Vous pouvez aussi explorer les ressources d’italien de Wordy pour apprendre du vocabulaire en contexte, en regardant du contenu réel.

Pour plus de guides, parcourez notre blog ou commencez votre parcours d’apprentissage de l’italien avec Wordy.


Conclusion

La vulgarité italienne est l’un des systèmes de jurons les plus riches et les plus chargés culturellement en Europe. Voici l’essentiel:

Le but, c’est la compréhension. Vous rencontrerez tous ces mots si vous passez du temps en Italie. Comprendre la gravité, le contexte régional et la distinction des bestemmie fait de vous un meilleur auditeur.

Les bestemmie sont à part. Aucune autre grande langue européenne n’a une catégorie entière, à la fois punissable et taboue, tout en étant courante dans certaines régions. Comprendre ce paradoxe est essentiel pour comprendre l’Italie.

La variation régionale est énorme. "Minchia" est un mot de remplissage léger à Palerme, mais une exclamation vulgaire à Milan. Les bestemmie sont banales en Vénétie, mais choquantes à Naples. Observez toujours les normes locales avant de parler.

En cas de doute, ne jurez pas. En tant que non-natif, vous prenez plus de risques. Une mauvaise prononciation, un mauvais contexte ou une bestemmia accidentelle peut rendre un moment léger vraiment offensant. Comprenez tout, utilisez presque rien.

Prêt à aller au-delà de l’italien des manuels? Commencez avec les outils d’apprentissage de l’italien de Wordy et explorez notre collection de guides d’apprentissage des langues.

Questions fréquentes

Quel est le juron italien le plus courant ?
« Cazzo » (bite, putain) est le juron italien le plus utilisé. Il sert d’exclamation passe-partout pour la surprise, la frustration ou l’insistance, un peu comme « putain » en français. Vous l’entendrez très souvent dans les conversations, les films et les séries, partout en Italie.
C’est quoi les bestemmie et pourquoi c’est si offensant en Italie ?
Les bestemmie sont des expressions blasphématoires qui insultent directement Dieu, la Vierge Marie ou les saints. Exemples: « Porco Dio » (Dieu cochon) et « Dio cane » (Dieu est un chien). Elles sont très offensantes en raison de l’influence catholique. Elles ont été un délit jusqu’en 1999 et peuvent encore entraîner des amendes (article 724).
Les jurons italiens changent-ils entre le Nord et le Sud de l’Italie ?
Oui, nettement. Le Nord (surtout la Vénétie et la Toscane) est connu pour l’usage fréquent des bestemmie, tandis que le Sud et la Sicile utilisent davantage des insultes liées à la famille et des vulgarités sexuelles. Le sicilien a aussi ses jurons, comme « minchia », et « cornuto » pèse plus dans le Sud, où l’honneur compte encore.
« Cazzo » est-il un gros mot en italien ?
« Cazzo » signifie littéralement « bite », mais s’emploie surtout comme une exclamation équivalente à « putain » ou « merde ». Entre amis, c’est vulgaire à un niveau moyen. Au travail ou dans un contexte formel, c’est inapproprié. Ses dérivés comme « incazzato » et « cazzata » sont aussi très courants.
Quels jurons italiens faut-il éviter quand on est étranger ?
Avant tout, évitez les bestemmie, le blasphème religieux comme « Porco Dio » ou « Madonna puttana ». Même des Italiens qui jurent beaucoup les jugent très offensantes, et elles peuvent entraîner des amendes. Évitez aussi les insultes directes comme « stronzo » ou « figlio di puttana ». Préférez « cavolo » ou « accidenti ».
Peut-on recevoir une amende pour avoir juré en Italie ?
Oui. Selon l’article 724 du Code pénal italien, le blasphème en public (bestemmie) peut entraîner des amendes administratives de 51 à 309 euros. En 2023, plusieurs footballeurs italiens ont été sanctionnés pour des bestemmie captées par les caméras pendant des matchs. La vulgarité ordinaire n’est pas sanctionnée, mais les bestemmie ont un statut légal à part.

Sources et références

  1. Tartamella, V. (2016). « Parolacce: Perché le diciamo, che cosa significano, quali effetti hanno. » BUR Rizzoli.
  2. Maiden, M. & Robustelli, C. (2013). « A Reference Grammar of Modern Italian. » Routledge.
  3. Jay, T. (2009). « The Utility and Ubiquity of Taboo Words. » Perspectives on Psychological Science, 4(2), 153-161.
  4. Accademia della Crusca, vocabolario.sns.it, entrées de référence sur la vulgarité
  5. Codice Penale Italiano, art. 724, blasphème et manifestations outrageuses envers les défunts

Commence à apprendre avec Wordy

Regarde de vrais extraits de films et enrichis ton vocabulaire au fil des scènes. Téléchargement gratuit.

Télécharger sur l’App StoreTéléchargez sur Google PlayDisponible sur le Chrome Web Store

Plus de guides de langues

Jurons italiens, 15 expressions par gravité (2026)